Historique
En 2001, le Ministère de l’Education Nationale – sous l’égide de Jean-Luc MELENCHON - et l’UIMM (Union des Industries et Métiers de la
Métallurgie) signent un accord pour l’expérimentation d’une formation de baccalauréat professionnel en trois ans dans le domaine industriel.
En 2003, la DESCO (Direction de l’enseignement scolaire) et l’Inspection générale signent un
protocole d’expérimentation pour le baccalauréat comptabilité.
En 2003 et en 2004, la circulaire de rentrée fait référence au baccalauréat professionnel en trois
ans.
En 2005, l’Inspection générale produit un rapport plutôt réservé sur l’expérimentation : « Si le bac professionnel
constitue une première réponse à la flexibilité des parcours, ce dispositif n’y répond que partiellement et de manière trop rigide. Le parcours en trois ans n’est donc qu’un élément de réponse
qui ne concerne qu’une faible partie des publics. ».
Septembre 2007, Xavier DARCOS annonce la généralisation du bac pro en 3 ans.
Objectifs de l’expérimentation
Donner la priorité aux secteurs ayant des difficultés de recrutement ;
Viser les diplômes dont l’insertion est inexistante au niveau V ;
Proposer des parcours d'accès au baccalauréat professionnel adaptés à la diversité de profil des élèves ;
Favoriser l'accès d'un plus grand nombre de jeunes à un niveau IV de qualification dans le domaine des services aux
organisations
Repérer les profils (scolaires, compétences générales, motivation) des publics cibles ;
Apprécier la faisabilité pédagogique et qualifier les bonnes pratiques d'enseignement, d'accompagnement et d'évaluation ;
Tester des formes nouvelles d'organisation et de pratiques pédagogiques.
La situation aujourd’hui
456 diplômes
L'enseignement professionnel public et privé sous contrat a concerné, à la rentrée 2004, plus de 700 000 élèves, soit 30% des élèves du
secondaire supérieur.
Près de 190 000 élèves préparent le bac professionnel.
L'offre de diplôme de l'Éducation nationale est prédominante dans la formation professionnelle initiale. À la rentrée 2005, il existait au sein
de l'Éducation nationale, 456 diplômes professionnels de niveau V et IV dont : 213 CAP, 35 BEP et 69 baccalauréats professionnels.
Il faut ajouter les formations dépendant du ministère de l’Agriculture.
Ces diplômes sont accessibles selon trois modalités de formation : la formation initiale sous statut scolaire, l'apprentissage et la formation professionnelle
continue.
Le baccalauréat professionnel en trois ans concerne aujourd'hui 10 000 élèves sur 190 000 bacheliers pro.
Les pistes de réflexion du ministère
Architecture du bac pro 3 ans envisagée par le ministère
- une seconde professionnelle assez large (dont le périmètre reste à définir). En cas d'échec,
les élèves pourront s'orienter vers une deuxième année de CAP.
- une première professionnelle qui permettra de décrocher en fin d'année une
certification intermédiaire, a priori un BEP.
"Le BEP sera rénové, permettant ainsi une vraie insertion professionnelle, et délivré à l'issue de la classe de première professionnelle"
(déclaration du ministre à la presse lors d’un déplacement en lycée professionnel en septembre).
Quant aux élèves en échec, ils pourront à ce niveau également se tourner vers une seconde année de CAP.
- une terminale professionnelle, sanctionnée par le baccalauréat professionnel en fin d'année.
Poursuite d’études
Le ministère insiste également sur l'idée que les titulaires de CAP pourront rejoindre le baccalauréat professionnel en cours de cursus: les parcours en quatre ans
resteront encore possibles.
Les titulaires du bac pro avec mention seront prioritaires pour les BTS de la même filière professionnelle.
La démarche du ministère
Le "plan" repose sur trois axes :
- le nombre de lycées des métiers devra doubler en trois ans pour arriver à terme à 350 lycées labellisés "lycées des
métiers".
- l'offre de formation, en concertation avec les Régions, sera rendue plus lisible. Les académiesproposeront un "plan d'évolution pluriannuel des cartes de
formation ».
- un certain nombre de filières pourront être supprimées, notamment celles qui n'offrent pas de débouchés professionnels
aux élèves ;
- une circulaire sera envoyée aux rectorats (voir en annexe).
Certains rectorats ont commencé par envisager la suppression de nombreux BEP et leur remplacement sous forme de bacs pro
d’où le mouvement lycéen en cours dans ces académies
Analyse de la FCPE
1 - Sur le bac pro :
La FCPE est favorable depuis l’origine à la création de bacs pro en 3 ans comme :
- Outil de valorisation de la filière professionnelle : des milliers de bacheliers professionnels poursuivent leurs
études en BTS /DUT. Ils auraient bien souhaité gagner une année.
- Facteur d’égalité entre le bac pro et les bacs technologique et général.
- Amélioration de la capacité d’insertion professionnelle dans les filières où il n’existe pas de bac pro et donc de la
rémunération reconnue dans les conventions collectives.
2 – Sur le maintien des BEP et CAP :
De nombreux élèves de 3ème ne pourront accéder directement à une formation au baccalauréat. Les niveaux CAP et BEP de
qualification sont nécessaires et doivent permettre la poursuite d’études en bac pro comme c’est le cas aujourd’hui.
On ne saurait affirmer aujourd’hui que le socle commun est en place au collège et que la majorité des élèves qui sortent
de 3ème peuvent envisager, en toute liberté de choix, une poursuite d’études en 3 ans vers un baccalauréat. Une forte augmentation des bacs pro en 3 ans est donc
prématurée ; une généralisation ne pourrait être envisagée qu’après un bilan de la mise en place du socle commun.
3 - Sur les formations :
Un bilan précis des capacités d’insertion professionnelle des formations et des niveaux réels de rémunérations et de recrutement doit être
réalisé.
Il existe encore aujourd’hui des formations sans débouchés.
4 - Sur la concertation :
Une démarche précipitée. (Cf. communiqué de presse en annexe).
Le ministère aurait dû consulter les acteurs concernés avant la mise en œuvre.
Un fossé s’est creusé entre les annonces du ministère et la mise en œuvre sur le terrain, où de très nombreux BEP sont fermés au profit de la
création de bacs pro 3 ans.
Mardi 4 décembre, nous avons appris que les recteurs avaient pour nouvelle consigne de prendre le temps de la concertation pour déterminer la carte
des formations concernant le bac pro en 3 ans.